Fuir pour... être heureuse !



Je suis née à Rennes. J'y ai grandis et pourtant je n'y vis que depuis... 3 mois ! Il y a un peu moins de 2 ans j'ai quitté ma ville de coeur pour Marseille et... je suis finalement revenu. 

"L'herbe est toujours plus verte ailleurs" 


Quitter mon ex, trouver un appartement, l'annoncer à mon entourage, poser mon préavis, vendre les meubles, louer un camion et partir vivre à l'autre bout de la France est certainement la décision la plus folle que j'ai prise de ma vie. Mon quotidien de l'époque était simple, bien réglé et je n'étais pas malheureuse. Le fait est que je n'étais pas vraiment heureuse non plus. Cet été 2017 je me suis retrouvée. J'ai réussi à affronter ce qui était à la fois la source de mon mal-être et me rassurait : Rennes. Cette ville dans laquelle j'avais tout : ma famille, mes amis et un couple qui n'était stable qu'en apparence ; je voulais la quitter à tout prix ! Il m'a fallu seulement 10 jours pour faire le tri et à l'aube de cette nouvelle "aventure" j'étais mélangée entre le stress insurmontable de l'inconnu et l'excitation d'un renouveau dont j'avais BESOIN. Je savais ce que je partais chercher mais pas vraiment ce que je trouverais...

"Plonger corps & âme dans les bras de l’incertitude"


Je me souviens encore de ce moment, dans le camion de déménagement, mon papa au volant et Notre-Dame de la Garde face à moi. La respiration s'accélère : Marseille ! J'ai plongé dans l'inconnu et j'y ai trouvé l'amour, l'amitié, les folies nocturnes, le soleil, la chaleur humaine, les nuits blanches, le goût du Ricard et simplement le bonheur. Face à la monotonie de mon ancienne vie Rennaise Marseille avait clairement un train d'avance. Je vivais en colocation, n'avais de compte à rendre à personne, j'aimais et me sentais aimée. J'adorais profondément cette ville et elle me le rendait bien. Je cherchais à me retrouver mais c'est à Marseille que je me suis réellement trouvée. Mes angoisses étaient apaisées et mes doutes évaporés. 

Mais... il y a toujours un "mais".

Marseille c'est aussi la saleté, l'insécurité, la drague un peu lourde et (trop) insistante, les rats, les automobilistes fous et le sang chaud de ses habitants. Malgré tout je m'y sentais bien, sereine, parfois même inconsciente de tout ça. Rien ne pouvait m'atteindre comme si j'avais créé un bouclier avec écrit dessus "Nana heureuse. Ne pas déranger !". Je finissais à l'hôpital pour une chute en soirée, ça me faisait rire, je me brulais sur une moto, ça me faisait rire, on volait mon sac de sport, ça me faisait rire. J'étais un roc ! Je crois même que ça se voyait et que mon bonheur était communicatif

"Si vous craignez les chutes ne gravissez pas la montage"

Et le problème c'est que j'y étais tout en haut de la montage moi. J'avais beau être un roc je me suis brisée en 1000 morceaux en tombant. 

Une fois par mois minimum je partais à Rennes, Nantes, Montpellier... J'étais en colocation, je voulais partir, je voulais aménager avec mon copain et, un jour, entre un train et un avion j'ai été agressée. Je l'ai dis sans vraiment le dire. J'en ai parlé sans vraiment m'en souvenir. J'ai alerté les gens sans vraiment demander de l'aide. Pendant 2 semaines j'ai laissé mourir ce moment dans ma tête sans savoir qu'en vérité c'était moi qui mourrais. J'étais rentrée loin de Marseille et loin de mon agression. Mon corps et ma tête s'étaient mis d'accord pour effacer cet horrible moment et... Marseille. Pendant 2 semaines j'ai beaucoup ris et puis d'un coup, d'un seul, j'ai pleuré. D'abord en soirée parce que j'avais trop bu "Vous me manquez les copines", en journée dans les bras de ma maman, sans raisons, à la porte d'embarquement pour Marseille et en posant les pieds sur le tarmac. À ce moment là j'ai su que rien ne serait plus pareil. L'histoire recommençait et j'étais habité par un sentiment bien plus profond que le mal-être : la peur. 

Je tentais de me rattacher à des souvenirs mais plus j'essayais plus ils s'effaçaient. J'avais entre les mains les horloges du célèbre tableau de Dali. La vie que j'avais créée à Marseille était devenue à l'image de ces montres : déformée pour devenir une image molle où le temps ne comptait plus.

Alors comment aller mieux quand on a oublié ce qui nous rendait heureux ? J'ai choisi de repartir à zéro et comme je n'avais pas de machine à remonter le temps je suis revenue dans la ville qui m'a vu naitre, grandir et celle qui m'avait donné mes derniers moments de bonheur loin de la peur : Rennes.

"Personne ne peut revenir en arrière et prendre un nouveau départ, mais n'importe qui peut commencer dès aujourd'hui et faire une nouvelle fin"


On dit toujours que les folies sont les seules choses que l'on ne regrette pas. Ce qui est sûr c'est que je n'éprouve aucuns remords d'avoir quitté Rennes pour Marseille. Je ne regrette pas non plus d'avoir fais le chemin inverse, mais là où le bonheur fut intense et presque immédiat à Marseille, j'ai du (re)partir le chercher ici. D'abord dans la construction d'un véritable "chez moi", ensuite dans la reconstruction de moi-même. Fuir, comme je l'ai fais, n'est pas une solution. Fuir c'est une perte de temps et d'énergie à ne pas essayer de résoudre un problème. À deux reprises je suis partie en quête du bonheur mais encore faut il être en paix avec soit même pour y avoir accès...

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